Va-t-on enfin écouter agronomes🌱 et hydrogéologues 🏞 ?

Canicule 🥵, pollution ☣️, et manque d’eau potable💧 maintenant.
Intervention nécessaire, eu égard à ma délégation « politiques de l’eau », lors de la dernière session du Conseil Départemental pour alerter sur la possible pénurie d’eau potable pour le sud du département, et surtout le besoin de ne plus considérer le problème de l’eau sous la seule problématique (certes ultra-nécessaire !) de l’irrigation.

En résumé : aborder les problématiques de l’eau sous le seul angle de la quantité utile à l’irrigation est absolument insuffisant.

Au moment où le schéma départemental d’eau potable prévoit enfin d’épargner les nappes phréatiques pour puiser plus massivement dans les cours d’eau, la qualité, affectée par les pollutions accumulées dans les sols, devient un sujet incontournable.

Cette même qualité passe par une agriculture renouvelée autour de l’agroécologie qui, en diminuant drastiquement pesticides et engrais chimiques, permet de retrouver des sols vivants.

Ces sols vivants, régénérés, résistent mieux à l’érosion et retiennent mieux l’eau grâce à un taux de matière organique renforcé. L’effet est donc bénéfique non seulement en cas d’inondation (moins d’eau filant vers les fleuves), mais aussi en cas de sécheresse. Ainsi on ne compte plus sur les réseaux les témoignages d’agriculteurs ayant obtenu de bonnes résistances cet été grâce à ce mode de culture.

Ecueil principal à cette évolution : un système d’aides à la transition écologique en recul, voire en panne sèche, alors que les agriculteurs doivent pouvoir assumer une perte de rendement le temps que les sols retrouvent une santé (quelques années).

Ainsi les derniers gouvernements se sont ingéniés à restreindre ces aides pour toujours plus les concentrer sur les grosses structures.

C’est le système hyper-productiviste et agro-chimique qui est favorisé, toujours et encore. La dernière loi d’urgence agricole enfonce le clou (plus d’une centaine de produits de traitement interdits pourraient être réintroduits…).

Autre écueil à relever : la fragilité des agriculteurs et leur besoin d’être rassurés sur la possibilité de valoriser leurs productions potentiellement en bio.

Dans ce jeu d’acteurs, notre département détient des atouts qui lui sont propres, dont un atout « maître » : la capacité d’embarquer ses industries agroalimentaires pour obtenir des accords gagnant-gagnant sécurisant un minimum d’achat aux producteurs.

Suite à la prochaine manche : il faut qu’elle arrive très vite.

La partie du changement climatique et de la résilience se joue maintenant.

Et il n’y en aura pas d’autre.

Voir aussi l’article de La Dépêche traitant de cette intervention :

https://www.ladepeche.fr/2026/10/27/le-sud-du-lot-et-garonne-est-menace-par-une-rupture-deau-potable-alerte-un-elu-du-conseil-departemental-13622253.php

Et un article de Sud-Ouest étayant mes propos :

https://www.sudouest.fr/environnement/pesticides/pesticides-130-derogations-accordees-en-2025-150-en-2026-pourquoi-la-france-est-elle-le-pays-qui-autorise-le-plus-de-produits-interdits-en-europe-31273703.php

PJ : extrait du diaporama présenté lors du conseil syndical de l’Etablissement Public Garonne, Gascogne et affluents Pyrénéens du 21 octobre. 


(Pour précision : le système Neste est le réseau de redistribution des eaux en provenance des Pyrénées réalisé fin XIXe pour ré-alimenter les rivières parcourant le département du Gers et donc le sud du Lot-et-Garonne dont Baïse, Gélise et Gers).

#secheresse #agroecologie #solvivant #regeneration #sage #sageNRG #NESTE #systemeneste #ouestagenais #EPGaronne

Session du 22 octobre 2026 – Conseil Départemental (extrait)

« Le ver de terre est le meilleur allié du militaire », ou la résilience alimentaire en question

Nos territoires sont-ils capables de garantir de quoi nourrir 🍽🥕🍊 leurs habitants en cas de crise majeure et de rupture des chaînes d’approvisionnement 🚛 ?
C’est le thème abordé par Stéphane Linou au coeur de cet été à Agropole.


Thème singulier et pourtant vital traité en introduction d’une convention de coopération entre acteurs clés de l’économie et de la résilience de notre territoire : Préfet de Lot-et-Garonne , CCI Lot et Garonne, la Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne, 48e régiment de Transmissions à l’initiative de l’institut des Hautes Etudes de la Défense nationale (IHEDN).
Intervention également de spécialistes de l’alimentation dont Justine Perrotte (Invenio), des produits locaux dont l’éminent cuisinier Michel Dussau, et de spécialistes de la logistique y compris militaire.

Entendu lors de cette conférence :

« Ça fait soixante ans que l’homme occidental ne se soucie plus de pouvoir manger ou non.
Il ne se questionne plus ni sur le « comment ? », ni sur le « jusqu’à quand ? ».
…
Avant :
L’abondance c’était l’exception…
La règle c’était la pénurie !
…
A partir du moment où le coût du transpprt est devenu marginal, les territoires se spécialisent sur les productions locales phares, … et nos territoires ont perdu leur autonomie !
Ça se traduit par le fait que :
98 % des denrées proviennent d’ailleurs et 97 % des denrées produites partent vers l’extérieur de leur territoires de production.
…
« Chaque citoyen est coproduction de sécurité collective »
(Loi de 2004 sur la protection des populations).
…
Approvisionnement alimentaire et politique représentent le plus vieux couple du monde.
…. et constitue la base de la sécurité publique.
…
Aujourd’hui :
La question alimentaire est inconnue des documents de planification territoriale : production et consommation ne sont pas territorialisées.
…
L’absence de stock stratégique d’Etat et l’intolérance à la frustration font qu’il y aura des conflits.
…
Production, transformation et distribution  sont les maillons qui ont fondu d’une chaîne vitale.
…
Préserver l’outil de production est indispensable pour des raisons de sécurité : il s’agit prévenir les troubles l’ordre public.
…
La nourriture et la défense ne peuvent pas être couverts par les mêmes règles de marché public (accès libre et non faussé aux marchés)… pour des raisons de sécurité nationale.
…
L’économie néo libérale est un contre-sens de la sécurité des territoires (exemple : la déstabilisation engendrée par le
Mercosur)
…
La question des stocks est centrale, comme la dé-spécialisation des territoires est une priorité ! « 

Et pour finir : « Le ver de terre est le meilleur allié du militaire, car il soulage ses arrières »

OK ! … il vous faut les clés pour mieux comprendre 😉 :

https://lebouquinfrancais.fr/livre-1711334-resilience-alimentaire-et-securite-nationale-oser-le-sujet-le-lier-a-celui-de-l-effondrement-9782491168025.html

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