Soutien à la famille de Mehdi Kessaci

Mourir pour ses idées est intolérable.

Mais que dire quand le frère d’un militant anti-narco-trafic meurt assassiné pour la seule faute d’être le frère de celui-ci ?

Assassinat de Mehdi Kessaci : le porte-parole des écologistes du Lot-et-Garonne rend hommage et s’interroge
https://www.petitbleu.fr/2025/11/26/assassinat-de-mehdi-kessaci-le-porte-parole-des-ecologistes-du-lot-et-garonne-rend-hommage-et-sinterroge-13075982.php

Tribune d’Amine Kessaci parue dans Le Monde le 19/11/25 :

« Hier [le 18 novembre], j’ai enterré mon frère. Mon cœur n’est que blessure. La douleur m’éparpille. Mais elle n’effrite pas ma lucidité. Nous ne sommes dupes de rien. J’entends les belles paroles, les discours soudain volontaires. Je vois les postures de ceux qui prennent des mines affligées et demain continueront leur route comme si de rien n’était, parce que pour eux la vie des autres n’est rien et que seul compte le manège de leurs propres vanités. Je vois sans les lire la foule des commentaires de tout un chacun qui croit savoir mais ne sait rien.

Parce que sa mort ne doit pas être recouverte par les sables de l’indifférence et de l’oubli. Mille fois j’écrirai son nom et je ferai face à ses assassins. Je serai le gardien de sa mémoire. Non, je ne me tairai pas.

Je dirai et répéterai que Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du narcotrafic. Son emprise. Je dirai la lâcheté des commanditaires des crimes. Je dirai la dérive folle de ceux qui exécutent des contrats, brisent des vies et souillent leur âme à jamais. Je dirai pour trouer le silence comme eux trouent les corps de nos proches. Je dirai les carences de l’Etat, les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées.

Un jour du mois d’août, la police m’a demandé de quitter ma ville et de fermer les locaux de l’Association Conscience parce que j’étais ciblé. Sans m’en dire plus. Les semaines ont passé, sans m’en dire plus. Devant mon insistance à savoir, et parce que les menaces ne se tarissaient pas, on m’a accordé une protection policière, mais sans l’étendre aux miens. Pourtant, qui ignorait que ma famille avait déjà payé un tribut de sang ? Comment ne pas savoir que ma famille pouvait être touchée ?

Il est temps d’agir
Alors maintenant j’entends les discours. Mais qui rendra ses enfants assassinés à ma mère ? Le premier tombé, Brahim [dont le corps a été retrouvé le 29 décembre 2020], repose à Alger. Le second, Mehdi, avait 20 ans. Il a été touché en plein thorax par ses assassins. Il n’était coupable que d’être mon frère. Qui me rendra nos jeux, ses moqueries, sa tendresse, son soutien ?

On me parle de crime d’avertissement. Mais un crime n’est jamais un avertissement. Le sang versé l’est pour toujours, et a plongé ma famille dans l’infini de la mort. On nous frappe pour nous briser, pour nous domestiquer, pour nous asservir. Voici ce que font les trafiquants : ils tentent d’annihiler toute résistance, de briser toute volonté, de tuer dans l’œuf tout embryon de révolte pour étendre leur pouvoir sur nos vies.

Face à un tel ennemi, l’Etat doit prendre la mesure de ce qu’il se passe et comprendre qu’une lutte à mort est engagée. Il est temps d’agir, par exemple de faire revenir les services publics dans les quartiers, de lutter contre l’échec scolaire qui fournit aux trafiquants une main-d’œuvre soumise, de doter les enquêteurs et les forces de police des moyens dont ils ont besoin, de renforcer, de soutenir réellement les familles de victimes du narcotrafic. Nous comptons nos morts, mais que fait l’Etat ?

Hier, j’ai enterré mon frère, et aujourd’hui je parle. Je parle et je ne me tairai pas parce que ma mère m’a appris à ne pas baisser la tête. Je parle, depuis mon deuil, depuis l’épicentre de ma souffrance, pour demander justice pour les miens, mais aussi pour toutes les autres victimes. Je parle parce que je ne peux que lutter si je ne veux pas mourir. Je parle parce que je sais que le silence est l’abri de nos ennemis. Je parle parce que je veux que mille voix s’épanouissent. Que notre révolte face au narcotrafic soit durable, et collective. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple.

Amine Kessaci, frère de Brahim et de Mehdi, militant écologiste, fondateur en 2020 de l’Association Conscience.

Lire aussi :

https://www.lemonde.fr/campus/article/2022/03/16/a-marseille-le-combat-d-amine-kessaci-18-ans-pour-rendre-plus-vivables-les-cites_6117689_4401467.html

https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/14/tres-forte-emotion-a-marseille-apres-l-assassinat-du-petit-frere-du-militant-ecologiste-amine-kessaci-c-est-un-defi-lance-a-l-etat-de-droit_6653401_3224.html

« La forme de la prière n’est pas la même mais l’essentiel est là »

« L’arbre fait du bien,
sans bruit, pour tout le monde.

Nous sommes là pour le « vivre ensemble », éliminer les préjugés et pour cela, le mieux c’est de dialoguer.

Même si la fin du monde est demain, il faut planter l’arbre.

La forme de la prière n’est pas la même mais l’essentiel est là.

Ces guerres auraient pu nous séparer… mais dans cet océan de violence, il y a des îlots de respect mutuel.

Si la paix s’installe dans mon cœur, il y des chances quelle s’installe dans mes actes ».

Messages de paix et de dialogue pour cette soirée interconfessionnelle.
Belle initiative !

#dialogue #paix

« Bias, le camp du mépris » ?

« Pour que les jeunes issus des territoires colonisés puissent prendre part à la nation, il faut qu’ils s’inscrivent dans le roman national.

On est dans un crime de bureau et un abandon d’Etat.

Les femmes font un acte de reconnaissance en transmettant leur Algérie.

On transmet en écrivant l’Histoire.

L’Etat a-t-il infligé des traitements dégradants dans ce que lon appelle les camps de la honte ?
Ce fardeau on en a marre de le porter.

Avec ce film, je veux tendre la main aux morts pour réparer les vivants.

Nous sommes les fondements de la République.

En parlant de libération de la France par les seuls américains, c’est une forme de blanchiment de l’Histoire.

Le 7ème régiment de tirailleurs algériens est l’un des régiments les plus décorés de l’armée française.

87% des enfants de harkis sont en échec scolaire »

Extrait du débat bien utile organisé au cinéma Les Montreurs d’Images à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives, le 25 septembre 2025, avec une projection du film « Bias, le camp du mépris* ». Un coup de projecteur et des propos éclairants sur un pan de notre histoire commune. Ne pas y voir les retentissements sur notre actualité (discrimination, sentiment de relégation) relève de l’aveuglement.

(*visionnable en replay sur FranceTV)

#histoiredefrance #colonisation #relegation #discrimination #VivreEnsemble #harkis

La décolonisation en question

Autodétermination, reconnaissance, langue, culture, enracinement au coeur des discussions de l’atelier DÉCOLONISATION : LES COLLECTIVITÉS TRANSOCÉANIQUES ACTRICES DE LA RÉAPPROPRIATION CULTURELLE hier aux Journées d’Eté des Écologistes à Strasbourg.

Un point longuement évoqué lors des discussions concernant l’exploitation du nickel :
17% des conflits mondiaux sont dus à l’extractivisme (exploitation des ressources minières et naturelles). A méditer…

Extraits :

Christian Tein – Président du Front de libération nationale kanak et socialiste :

« Macron et Darmanin sont arrivés comme des bulldozers.

L’accord de Bougival, on le rejette en bloc car on a l’impression d’être rejetés au fond du vallon.

Tout ce qui s’est passé c’est parce que le gouvernement a voulu  modifier de force le corps électoral que Jean-Marie Djibaou appelait le corps électoral de la paix.

On ne peut pas faire du chantage permanent avec le peuple kanak.

Souvent la France a manqué à sa parole.

Je n’ai jamais vu un gouvernement pire que l’actuel.

J’aimerais savoir qui s’est mis en tête de saborder l’accord de Nouméa.

Humilier un peuple ce n’est jamais bon.

Si le gouvernement avait posé sereinement les bases du dialogue avec le FLNKS on n’en serait pas là. »

Nila Radakichenin – Adjointe au maire de la ville de St Paul de la Réunion, déléguée aux affaires sociales :
« L’histoire du colonialisme est douloureuse.
Il n’y a pas eu de reconnaissance de cette histoire douloureuse.

Nous sommes un peuple pas résigné mais résilient. Nous nous sommes appropriés notre histoire pour en faire une force.

Il faut que cette histoire soit reconnue et apporte au peuple français.

L’éducation est un levier majeur pour qu’on sorte de l’éteignoir.

Ecrivons l’histoire ! … et sa reconnaissance permettra à ces peuples d’être dignes de leur nom.

Nous faisons partie de l’histoire de la France »

http://journees.lesecologistes.fr/events/3xsO6Yx59Hxnwqszovcq2M/decolonisation-les-collectivites-transoceaniques-actrices-de-la-reappropriation-culturelle

Retrouvez mes publications sur le blog http://www.paulvovan.com

#jde2025 #Ecologistes #colonialisme #histoire #nouvellecaledonie #iledelareunion #creole

« Ton nom vivra »

Ce sont ces mots qui resteront dans les mémoires, ces paroles d’un père au cœur arraché et meurtri.

Inauguration du complexe sportif  placée sous le signe de la mémoire de cet enfant du village.

Mémoire d’un jeune sportif au talent fou,

Mémoire d’un jeune homme emporté si injustement et si tragiquement,

Mémoire d’un enfant arraché cruellement aux bras de sa famille.

Un peu d’espoir quand même en voyant toute cette jeunesse unie, partageant les valeurs du sport et de l’engagement.
Seul baume au coeur valable ce samedi.
Ce souvenir restera.

#SUA #stadetoulousain #championdefrance
#rugby

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