Pas de voyage au Japon sans une confrontation puissante avec la nature.

Brute ou façonnée, pour ne pas dire tyrannisée par l’homme pour lui donner l’aspect le plus maîtrisé souhaité, celle-ci imprègne le quotidien.
Omniprésente dans tous les lieux de cultes, shintoïstes ou bouddhistes, elle s’immisce dès qu’elle le peut dans la moindre espace urbain disponible.
La taille et le choix des plantes y sont assurément érigées en art majeur, conférant au moindre espace un intérêt de part sa composition et l’effet recherché.
Les jardins botaniques sont incontournables, choyés comme autant de trésors municipaux, voire nationaux.
Ceux qui accompagnent les édifices publics sont parfois impressionnants (coup de cœur pour celui du Musée Nezu de Tokyo).
Les jardins privés ne sont pas de reste.
Petits ou grands, ils sont traités avec attention.
La confrontation qui interpelle le plus, peut être la plus riche de sens, est celle que propose le « onsen » bain  traditionnel collectif, pratiqués après une toilette (rituelle ?) des plus rigoureuse.
Très chauds, de préférence à base d’eau issue de sources sulfurées volcaniques, ils peuvent offrir à leurs adeptes une vue sur un espace jardiné dont la composition est des plus étudiée ou alors laissée (apparemment ?) libre, poussant à la méditation.
Toutes les générations semblent s’y croiser. Assister un soir à ce qui semble être le rendez-vous quotidien des anciens donne l’impression de s’immerger dans une société à la fois précieuse et attentive, jonglant avec le temps, la nature et l’amitié comme éléments essentiels d’une vie fragile.

Quant à la place des animaux, elle interroge.
Des neko-cafés (je m’y suis aventuré !), où l’on vient calmer son stress en calinant des chats, aux oiseaux peuplant les grands parcs urbains (véritables forêts !) des grandes villes, en passant par les macaques des montagnes (sont-ils visibles en dehors des parcs aménagés pour les touristes ?), on n’en verra que peu.
Oublions l’élevage qui, malgré une présence très forte de la viande et du poisson dans la gastronomie locale, semble avoir quasi disparu (il semble que le Japon importe la grande majorité de la viande qu’il consomme).

C’est un signe parmi tant d’autres indiquant un Japon en mutation, tant agricole que sociétale.
Devant la crise démographique, il
s’ouvre notamment à une immigration rendue nécessaire par une difficulté de pourvoir de nombreux postes de travail.

Un pays au pied du mur, à suivre.

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#CultureJaponaise #ilovejapan
#decouvrirlemonde

Le Japon du quotidien en questions

La vie quotidienne au Japon semble baignée de petits rituels où la recherche de relations apaisées semble dominer.
Partout, le principe qui paraît reigner est de ne pas gêner son entourage, ne pas forcer le contact.
Fumer dans l’espace public est interdit (des espaces sont réservés à cet effet).
Les vélos sont simplement posés devant les maisons et les immeubles parfois sans avoir été cadenassés.
Parler fort et s’étaler est proscrit et se repère de suite tant ce comportement n’existe pas.
Pourtant, aucun regard désapprobateur n’est à craindre (mais on peut supposer que les autochtones n’en pensent pas moins …).
Seuls les touristes détonnent parfois.

La fréquentation des transports en communs est caractéristique de cet aspect du climat social : discipline et respect des distances y sont particulièrement codés.
Des files d’attente bien alignées pour entrer dans le métro aux sas toujours ouverts ne se fermant qu’en cas d’infraction (le contraire de chez nous !) en passant par les escaliers où marcher du mauvais côté fait de suite tache, un ordre qui ne se dit pas s’impose et un personnel discret et serviable est d’une tenue impeccable.
Prendre le train est aussi particulièrement agréable : toujours à l’heure avec pourtant des cadences rapides, le fameux Shinkansen, toujours propre et confortable, relie les pôles économiques avec célérité et grande efficacité.
Ici aussi le personnel est impressionnant, saluant à chaque entrée et sortie de wagon !
Se déplacer en ville ne tolère pas plus d’écarts : le respect des feux pour les piétons est incontournable.
Peut-être une nécessité dans un pays où la densité est trois fois celle de la France ?

Cette façon de vivre respectueuse (peut-être trop ?) constatée en ville est pourtant aussi celle des campagnes où l’austérité extérieure de certaines auberges contraste avec la préciosité et la minutie avec laquelle les plats sont préparés. L’agriculture existe même si là aussi elle peine (la moyenne d’âge des agriculteurs serait de 65 ans !).
On observe d’ailleurs partout que nombre de personnes âgées occupent de petits emplois (certainement dû à une couverture sociale réputée peu protectrice). Ceci est manifeste dans l’espace public où, encore un contraste avec notre pays peu mobilisé sur cette question, la sécurité des chantiers et de leurs interactions avec passants ne tolère aucune approximation. La garde des sites de travaux est assurée à grand renforts de personnels dont l’autorité ne supporte aucune contestation.

Il en est de même pour une multitude de taches qui chez nous sont sous tension, de l’entretien des espaces publics au service dans les restaurants.
Que penser de cet état de fait ?
Acceptation et maintien d’une visibilité des seniors dans l’activité économique ?
… ou avatar d’une société conservatrice à outrance qui malmène et exploite la personne jusqu’au bout de ses possibilités ?

#culturejaponaise

Expo universelle Osaka 2025 : l’Allemagne, l’Espagne et le Japon dans le coup. La France hors sujet.

Osaka : incontournable rendez-vous des visiteurs étrangers cette année avec l’exposition universelle qui s’y déroule pour la deuxième fois, la première, c’était en 1970. 
Comme toujours, des petites pépites architecturales pour ravir les yeux des curieux … et des professionnels.
Certains diront qu’une telle exposition n’a plus lieu d’être compte tenu de la débauche d’énergie et de travaux périssables qu’elle engendre.
Il semble d’ailleurs que seulement 12,5% des pavillons seront réutilisés contre 25% habituellement.
Débat justifié, d’autant plus que le thème (un peu bateau) de cette année est « Concevoir la société du futur, imaginer notre vie de demain » ; on s’attend donc forcément à moultes pavillons axés sur la préservation de la planète.
Certainement le plus à la hauteur de ce thème : celui de l’Allemagne, présentant une démarche globale où la ville est au centre de toutes les attention, avec de nombreuses présentations de projets vertueux ville par ville et une attention particulière sur l’économie circulaire.
Très beau et explicite également, celui de l’Espagne qui prend la mer comme axe d’exploration.
Original, celui de la Serbie qui choisit le jeu comme vecteur de compréhension du monde d’hier et de demain.
Quant à la France : énorme déception !
Malheureusement assez fidèle à l’air du temps, notre pays a (encore) choisi de mettre en avant son industrie du luxe (rien à voir avec le thème de l’expo !), misant sur les clichés pour lesquels les asiatiques nous connaissent déjà.  N’aurait-il que ça à montrer ?
Heureusement le Japon a mis la barre haute avec un pavillon centré sur la science dont les biotechnologies au service de la limitation de l’impact des humains sur la nature, en particulier sur le traitement de l’eau et l’utilisation des algues tous azimuts.

#innovation #planete #expositionuniverselle #osaka2025

La magie de Tokyo opère

Suivre le parcours de nos enfants nous amène parfois loin de nos repères.
Découverte depuis quelques jours du Japon, pays qui interroge par excellence.
Pour les étudiants en architecture que nous étions, c’était le mythe de la réinterprétation des codes occidentaux avec en plus le mystère de la juste intégration des valeurs culturelles locales qui nous captivait.
Tadao Ando, Fumihiko Maki, Kenzo Tange, Kengo Kuma, Shigeru Ban … ils sont tous au rendez-vous.
Les autres ne sont pas de reste, s’illustrant en redoublant de prouesses (impressionnantes !) pour les marques de luxe notamment françaises.
Exercices techniques et plastiques absolument bluffants mais bon. Voilà.

Incursion au cœur de Ginza, un des multiples  pôles (cette ville est vraiment énorme !) tokyoïte d’accumulation de toute cette énergie concentrée et visite inattendue dans le temple du plus grand fabriquant d’instruments de musique.
La magie de Tokyo opère.

Autre sentiment frappant : ce soin extrême, certes légendaire, apporté au végétal, même (surtout ?) au milieu du béton.
La découverte ne fait que commencer…

#culturejaponaise

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