Avancement du projet 🚅 de nouvelle ligne TGV Bordeaux-Toulouse présenté aux élus, aux associations environnementales et aux autorités concernées en préfecture cette semaine. Les représentants des territoires soulignent le manque de précision du projet et manifestent leur inquiétude. La prise en compte des efforts d’adaptation💡🤔 engagés localement n’est pas garantie, notamment en matière de mobilités douces 🚴🛴 réalisées, en projet ou en réflexion. Étonnement général devant des objectifs restés figés sur ceux d’une enquête publique vieille de 12 ans (2014, base d’une déclaration d’utilité publique – DUP – prononcée en 2016, annulée en 2017 avant d’être rétablie définitivement).
Depuis, les besoins ont profondément évolué : crise énergétique ⛽️, crise climatique🌀, effondrement de la biodiversité 🐝, exigence d’interconnectivité 🚗 et d’intermodalité 🚲, risque de perturbation des écoulements des eaux💧 décuplé par des événements pluviométriques intenses 🌧, nécessité accrue de liaisons locales et de trains du quotidien🚉 (exactement le contraire du déferrement programmé de lignes de proximité).
Je suis personnellement intervenu en tant que conseiller départemental du canton de l’Ouest agenais (traversé de part en part et concerné par la possible future gare + la plate-forme de travaux) pour alerter sur les conditions de concertation du public et des collectivités. Cette inquiétude concerne non seulement les Autorisations environnementales mais aussi la bonne intégration et adaptation des ouvrages, dont la gare. Les conditions présentées par les opérateurs ne garantissent aux territoires ni la clarté, ni la prise en compte des attentes légitimes de celles et ceux qui seront impactés. En clair, la concertation telle que présentée aurait lieu … après la passation des marchés ! Inacceptable. Les lot-et-garonnais sont en droit d’attendre un service … et une réelle desserte locale.
« De fin janvier à mars, 60% des électeurs changeront d’avis » 🗳 [pour les élections présidentielles]
L’invité de Nouvelles confluences Gilles Finchelstein prend la parole, nous donnant quelques clés pour mieux comprendre l’évolution de notre démocratie 🇨🇵. Il la compare aux différents états de la matière : 1962-1992 : on votait pour le même parti et pour longtemps (démocratie solide) 1992 : référendum de Maastricht et émergence d’un nouveau clivage, celui de l’Europe 🇪🇺 (démocratie liquide). Le clivage gauche/droite est relégué en seconde division. La mobilité électorale devient plus forte. 2002 : le FN présent au second tour de l’élection présidentielle. 2005 : le « non » au référendum sur le traité européen est suivi en 2007 par un vote positif du parlement. Désaveu du corps électoral. 2017 : basculement dans l’état gazeux : les particules n’ont plus de cohésion entre elles. La mobilité des électeurs devient massive. La démocratie devient informe, instable, inflammable. La défiance envers les institutions est maximale. Le complotisme est devenu un vrai mode d’expression. La violence pour une autre partie de la population est devenue légitime.
Mais il y a un autre état de la matière : l’état de plasma, ou la dissociation absolue des éléments constitutifs. Un exemple : la foudre. La foudre s’abat sur la démocratie, cela pourrait être quand, le RN arrivé au pouvoir, conformément à son programme, réforme la Constitution par référendum. Au menu : Préférence nationale (droits économiques et sociaux réservés aux personnes en situation régulière, suppression du droit du sol) et surveillance des bi-nationaux. La plus grande réforme constitutionnelle depuis la Révolution. Et ce n’est que le hors d’œuvre.
Les réseaux sociaux, accélérateurs ou fossoyeurs de la démocratie ? Une question d’actualité au coeur du débat de ce premier atelier des Nouvelles confluences de ce matin. Une édition comme toujours riche de réflexions 🤔 et d’échanges 🤜🤛🏻.
On y aura entendu :
« Comment développer l’esprit critique sans dire quoi penser ? [concernant l’éducation aux réseaux sociaux] … Nous avons confié la démocratie au capitalisme [les réseaux sociaux appartenant à des sociétés privées étrangères n’ayant qu’un seul et unique objectif : l’économie de l’attention, ou comment récupérer les données pour vendre des publicités ciblées] … Les réseaux sociaux nous enfermement dans des bulles d’opinion. … Le réseau social est une matière pour le journalisme, mais il faut faire la différence entre un fait, une analyse et une opinion. Le drame c’est ne pas faire la différente entre une analyse et une opinion. … Il ne faut plus parler de réseaux sociaux, mais de médias sociaux. … Comment on construit un discours sans simplification de la pensée ? … [Concernant la communication municipale] Nous devons des explications, mais si c’est pour dire qu’on ne peut rien faire parce que l’Etat ne nous donne plus de moyens, on donne l’impression qu’on ne sert à rien. … La disparition de l’écrit mène à la prédominance de l’image. Se pose alors la question : est-ce qu’on manipule plus avec l’image que par l’écrit ? … Sans vérité, il n’y a pas de démocratie. … Il faut apprendre à penser contre soi même »
Ma dernière publication sur les réseaux et sur mon blog ayant fait l’objet de vives réactions retranscrites par la presse, certaines réponses doivent être données.
Je note en premier lieu la solidarité affichée aux pompiers engagés sur le terrain et aux populations impactées par les actuels terribles incendies. C’est à souligner et c’est positif.
Je note aussi malheureusement un acharnement rageux contre le monde de l’écologie. Il n’est pas surprenant et tellement dans l’air du temps tant certains médias notamment nationaux se sont pris d’amour pour les climatosceptiques et les anti-environnementalistes. Cette légitimation, outre le fait d’être savamment orchestrée par un alignement sur les tendances les plus réactionnaires, semble aujourd’hui plus rentable et vendable que d’exposer posément les problèmes et les réponses données par les scientifiques. C’est une tendance lourde qui pèsera lourd dans les urnes et ceux qui y contribuent doivent mesurer l’impact désastreux non seulement sur leur environnement proche, mais aussi sur l’anxiété qui en résulte.
Concernant la contestation de la loi d’urgence agricole, s’il est vrai que les Ecologistes ont été les plus en vue, il n’en demeure pas moins que cette loi est contestée unanimement par la gauche qui regroupe la très grosse majorité des votes contre. Bien dommage que seuls les Ecologistes soient interrogés à ce sujet. Pour ses articles les moins acceptables et les plus scandaleux (dont la réintroduction possible de pesticides unanimement reconnus comme dangereux et générateurs de cancers), ils seront tranchés par le Conseil constitutionnel.
L’aspect de cette loi, certes moins compréhensible pour le grand public, qui concerne la gouvernance de la gestion de l’eau qui s’en trouvera fortement déstabilisée, n’est que peu commenté. C’est bien dommage. En effet, de cette gouvernance est partagée avec tous les usagers : citoyens, industriels et agriculteurs. Ils définissent ensemble les orientations à prendre sur nos territoires pour mieux gérer cette ressource. D’année en année, on le voit toutes et tous, la question de l’eau devient centrale.
Cette loi qui, par ailleurs, permet à l’Etat de surseoir aux décisions prises collégialement avec les acteurs locaux est dangereuse. De nombreuses initiatives trans-partisanes n’ont pas été entendues (auxquelles ont participé notamment les principaux acteurs de l’eau dont le Comité de bassin Adour-Garonne – voir article cité plus bas).
Là aussi c’est très dommage pour la démocratie locale et la décentralisation.
J’ai aussi relevé, dans les réactions à ma publication, la pénible reprise de récentes cabales concernant la présumée opposition du monde de l’écologie à l’entretien des pares-feux. Elle est totalement infondée. Cette cabale remonte à la surinterprétation et la déformation de positions prises quant aux droits d’usage dans ces pares-feux. Ceci alors même que ces positions étaient soutenues non seulement par une sénatrice écologiste, mais aussi par une députée macroniste et un maire LR, tous élus de territoire. S’en est suivie une séquence très visible dans une émission de grande écoute pointant du doigt une prétendue opposition de la seule sénatrice écologiste à l’entretien des mêmes pares-feux. Incompréhensible, déformé et non fondé.
Enfin, la mise en cause des principes écologiques dans la gestion des cours d’eau des Landes est quant à elle juste une affirmation qui interroge. En effet, cette gestion repose sur des principes reconnus et partagés qui ne visent qu’à ralentir l’écoulement des eaux pour qu’elles s’infiltrent sur place et ainsi qu’elles soutiennent les zones humides, le niveau des nappes et des rivières.
Au demeurant et bien malheureusement, je n’ai pas relevé de commentaires sérieux sur les articles scientifiques que j’ai cités et qui sont jointes à ma publication. C’est bien dommage car une partie des solutions y est intégrée.
En résumé, la situation très grave dans laquelle nous sommes appelle à la responsabilité et au dialogue. Les commentaires injurieux et empreints de désinformation n’ont plus leur place.
Voter des lois clivantes et démagogues pour faire mine de satisfaire (à tort) telle ou telle population ou intérêts est à proscrire tant l’urgence est là et tant les populations souffrent et souffriront.
La politique de l’autruche et la vindicte publique cache une irresponsabilité dont les générations futures nous accuseront, à raison. D’ailleurs, elles nous accusent déjà.
Rompue au débat et brillante analyste politique, Natacha Polony était l’invitée de Michel Masset et de sa suppléante Béatrice Bourgarel aujourd’hui à Damazan sur le thème « retrouver le pouvoir d’agir ».
Avec Benjamin Morel, politologue, ils ont livré un échange convergeant sur la mondialisation, la perte de souveraineté, la planification comme nécessité absolue et surtout la décrédibilisation de la parole politique.
Ce discrédit s’expliquerait par une profonde « crise de la capacité d’agir », le rejet des normes, partiellement justifié, n’étant au final que le faux nez de cette inaction.
Quant à la paralysie qui en découle, elle trouve également sa source dans une démocratie en panne faute d’un système représentatif miné par un manque de proportionnalié dans nos differents modes de scrutins.
A noter qu’un nouvel appel à la libération de Christophe Gleizes nous aura tous réunis autour de ses parents.
On aura notamment entendu :
« Que reste-t-il de la promesse de 1789 ?
Toutes les agitations actuelles sont les manifestations du sentiment d’impuissance.
…
Trump met en scène le pouvoir d’agir [rompant avec l’inaction ambiante, mais cela n’excuse pas ses actions irréfléchies]
…
On ne gouverne pas avec des sondages. …
Qu’est-ce que la souveraineté ?
C’est la possibilité de décider soi-même en dernier ressort.
…
Nous sommes en train de faire avec l’agriculture ce qu’on a fait avec l’industrie.
…
La promesse de pouvoir d’achat s’est appuyée sur les importations en provenance de Chine.
…
Retrouver le pouvoir d’agir passe par un Etat qui planifie.
…
L’Etat c’est le moyen que le citoyen se donne pour résoudre ses propres problèmes.
…
Si nous ne sommes plus capables de dire NOUS, alors quelqu’un se lèvera [et écrasera la démocratie]
…
Le statut d’auto-entrepreneur ne peut pas s’affranchir de la question du financement du modèle social.
…
La politique c’est tenir aux mots et soutenir une action.
…
La souveraineté ne s’exerce qu’entre des états souverains.
…
Le libre échange crée des déséquilibres quand on échange avec des économies subventionnées et sans réciprocité ne serait ce que pour l’accès aux marchés publics. …
Le service oublic n’a vocation ni à être rentable ni à satisfaire les usagers, [il consiste à remplir une mission décidée et planifiée par le politique] »
Parmi les interventions de la salle, j’ai retenu en particulier : « J’en veux aux politiques qui ne mettent en avant que le pouvoir d’achat : la vie ne se résume pas à pousser son cadie » Mathilde Boeuf, maire de Pardaillan
Barbara Stiegler et Christophe Pébarthe nous ont mitonné une approche truculente, bousculante et vivifiante pour une démocratie active et ambitieuse. Un coup de balai rafraichissant qui aura convoqué avec astuce et espièglerie Sophocle, Erneste Lavisse, Michel Foucault, Jean Jaurès et gilets jaunes.
C’était « Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros ».
Parmi les multiples références savamment distillée lors de cette soirée, en vrac :
« Taxons les riches ça refroidira la planète ! … L’élection, ce n’est pas la démocratie : chercher à sélectionner le meilleur, c’est faire le constat et prendre pour acquis que nous ne sommes pas tous égaux. … On n’essaie de disqualifier la parole populaire car elle percute la parole des dominants. … Il ne peut avoir de démocratie que quand on accepte de frotter son esprit avec les autres. … Est-ce que vous pensez que la démocratie est possible ? Et à supposer qu’elle le soit, Est-ce que vous souhaitez y vivre ? … Toi qui parles de nouvelles libertés.
Fier de l’argent que ton père t’a laissé. Tu cracheras ta haine sur nous pauvres manuels En répandant nos ghettos que tu nommes HLM Tu veux que je vote pour te rassurer Tu veux que je vote pour te sécuriser. Te ne suis qư’un bulletin qu’on intoxique. Et qu`on glisse dans une urne Je ne suis qu’un bulletin qu’on intoxique. Et qu’on glisse dans une urne. Tu as pour toi les « fout la merde », les contents d’eux. Tu as promis en un temps record de nous rendre heureux. Passe voir les vieux plus assez jeunes pour décider… Allez couché tu vas voter ! Vote, vote, vote, vote ! »
Déçu et amer qu’une campagne partisane empilant mensonges et amalgames empêche le maire d’Agen de présider l’Agglomération. Laurent Bruneau ne pourra donc pas embarquer son bassin de vie dans le sillage du renouveau engagé par la Ville centre vers une nouvelle ère.
Inquiet pour les agents de la Collectivité plongés dans l’incertitude dans la perspective d’une défusion, eu égard aux discussions qui s’avèrent complexes tant les équipes sont fusionnées.
Dégoûté de constater qu’après avoir annoncé solennellement une gouvernance transpartisane, le président élu de droite n’intègre qu’une vice-présidente affichée à gauche, … à la toute dernière place. Tout un symbole. Promesse non tenue qui n’engage que celles et ceux qui ont bien voulu y croire. Il y en aura d’autres. Accrochez-vous.
Dépité de voir s’étaler dans les journaux les arguments d’un ancien premier vice-président de l’Agglomération apportant son soutien à ce hold-up territorial. Coup de force dont le paroxysme est atteint par le refus d’accorder toute vice-présidence à 4 des maires des 6 communes les plus peuplées de la première couronne agenaise (Boé, Bon-Encontre, Pont-du-Casse et Colayrac-Saint-Cirq). Refus motivé au simple prétexte qu’ils s’opposaient au funeste projet du candidat conseiller municipal de Castelculier.
Impressionné de faire l’amer et incroyable constat que 36 maires ou élus municipaux ont trouvé le moyen de dénier au maire de Boé la légitimité de représenter sa propre commune au bureau de l’Agglomération, préférant apporter leur suffrage à l’ancienne maire, battue, se présentant à cette charge avec un toupet incroyable. (Pour mémoire : la représentation de chaque commune au bureau de l’Agglomération est validée une par une par un vote de tous les conseillers communautaires). Cette candidature surprise, en totale incohérence avec le résultat des urnes, témoige de l’esprit de revanche politicienne qui aura animé cette soirée, au mépris du suffrage des simples citoyens (voir l’excellente publication de mon collègue élu au Département Thomas Bouyssonnie à ce sujet https://www.facebook.com/share/p/18U3imrU7p) La camaraderie entre élus et le respect des électeurs sont des valeurs qui ont échappé à prés de la moitié de nos collègues. Et qu’on ne me dise pas que ce vote scandaleux n’a pas été préparé… Honte à celles et ceux qui ont participé à cette cabale. Pour moi l’acmé de cette triste soirée.
Médusé de ne voir aucune vice-présidence chargée d’écologie, d’environnement, de transition écologique, de biodiversité ou de développement durable. Le message est clair : la planète, la santé de ses administrés et les alertes des scientifiques, le nouveau président n’en a rien à cirer. On entend au lointain l’écho de son camp : « L’environnement, ça commence à bien faire ! » disait un ancien président de la République. Que nous déclarera-t-il lors des prochaines sécheresses, inondations … ou émergence de cancers pédiatriques ?
Scandalisé de voir le vice-président à l’environnement sortant, le maire de Bajamont, remercié par une mise à l’écart de première catégorie, après s’être investi à fond ces dernières années notamment dans la « révolution des poubelles », le réseau de chaleur et le PCAET Plan Climat – air – énergie territorial. Il est le seul à avoir établi un rapport de délégation. Qu’il en soit remercié… quand d’autres avouent publiquement n’avoir pas fait avancé leurs dossiers.
Triste de constater que les grands projets initiés par la précédente gouvernance ne seront pas évalués pour en mesurer ne serait-ce que le respect des objectifs initiaux. En première ligne, le TAG, qui ne devait, ô grand jamais (!!!), accueillir de logistique mais seulement des entreprises engagées dans le génie environnemental et « l’économie verte », avec des projets architecturaux faisant la part belle à la Haute Qualité Environnemantale. On voit ce qu’il en est advenu : des plateformes logistiques omniprésentes, l’invasion des camions et quasi aucun effort de conception environnementale, … même pas pour les bâtiments communautaires.
Mobilisé toutefois comme jamais 💪🤜🤛🏻 pour la Ville d’Agen et le Canton de l’Ouest agenais . Il s’agira pour moi de veiller à ce que les grands projets engagés susceptibles de bouleverser notre bassin de vie se fassent dans les meilleures conditions. Et je vous promets qu’au vu des intérêts en présence, l’attention devra être de tous les instants. D’autres projets à venir seront à initier, promouvoir, ou infléchir. J’y prendrai ma part. En tant qu’élu municipal, communautaire et départemental, j’apporterai toute mon écoute, mon expertise et ma vigilance. D’ores et déjà, pour en parler comme pour tout autre sujet, vous pourrez me rencontrer sur rendez-vous (envoyez une demande par message privé). A très bientôt donc.
Retour sur la session extraordinaire du 6 mars liée à la crise climatique 💧🌧 et environnementale majeure liées aux récentes #inondations.
Nous remercions collectivement les services publics et les bénévoles qui se sont mobilisés pour venir au secours des sinistrés. Pompiers du SDIS 47, gendarmes, forces armées mais aussi collectivités, simples citoyens et bénévoles, ils se sont mobilisés pour servir notre territoire.
Témoignage ému et applaudi du colonel directeur du SDIS évoquant l’engagement et la forte cohésion sur le terrain.
Nous sommes aussi réunis pour adopter les mesures d’urgence indispensables pour soutenir les sinistrés des toutes récentes inondations. En particulier les agriculteurs.
Indispensables (et je remercie les collègues et les techniciens qui y ont travaillé avec une efficacité remarquable), ces mesures n’ont d’utilité que si, en parallèle, nous nous mettons en capacité d’agir sur le long terme.
Car les inondations, (si vous ne l’avez pas remarqué …) c’est avant tout certes un phénomène naturel, mais aussi un problème de gestion de l’eau pour lequel nous avons des responsabilités.
Car les inondations, elle sont liées à la capacité des bassins versants d’absorber l’eau là où elle tombe. Cette capacité, elle dépend aussi de nous, elle dépend des politiques dont nous sommes responsables.
Elle dépend de ceux qui donnent les autorisations d’urbanisme et contribuent quoi qu’ils en disent à l’artificialisation des sols.
Elle dépend de ceux qui se plient ou non à appliquer de façon éclairée le Zéro artificialisation nette (ZAN),
Elle dépend des élus qui demain engageront ou non des politiques ambitieuses pour limiter les rejets d’eau pluviale dans la nature (noues végétalisées, ville éponge, renforcement de la végétalisation y compris pour son bénéfice climatique).
Elle dépend de ceux qui encourageront ou non des agricultures capables de capter l’humidité et de contenir la pluie au maximum dans les sols, avant qu’elle ne se précipite vers nappes ou les rivières, qui en hiver sont très vite saturées et qui vont, en débordant, provoquer des inondations.
Ce travail, au niveau départemental, nous y sommes engagés.
Nous y sommes engagés par notre participation régulière au Comité de bassin Adour Garonne, et notre financement de structures comme le SMBL-Syndicat mixte du bassin du Lot, le SAGE Nestes et Rivières de Gascogne (porté par le Département du Gers et qui concerne tout le sud de notre département), le SAGE du Ciron, le SAGE de la vallée de Dropt, l’Etablissement public Garonne et affluents pyrénéens.
Nous y sommes engagés par le financement des associations qui travaillent et informent sur le sujet : ACMG, Cluster Eau et Climat, Arbres et paysages 32 (replantation de haies) … et nous venons de voter lors de la dernière CP le nouveau Contrat de progrès pour mettre en commun des moyens avec l’Agence de l’Eau).
Nous y sommes engagés mais nous ne sommes pas aidés par un gouvernement irresponsable qui, pour calmer la colère agricole, a décidé de désarmer les politiques locales pour lui brandir les politiques de l’eau comme bouc émissaire.
Je parle de du #PremierMinistre Sébastien Lecornu qui, le 13 janvier dernier, pour calmer la colère agricole, a annoncé un moratoire sur les décisions locales relatives à la politique de l’eau. En clair : stopper et mettre un coup de frein aux travaux de discussion, de collaboration et de mise en synergie des différents acteurs engagés dans les stratégies de partage de l’eau.
Le 6 février ce ne sont pas moins de 5 présidents de comité de bassin, dont Alain Rousset pour le comité de bassin Adour Garonne, qui ont pris la parole, s’insurgeant contre ce désarmement.
S’en sont suivies quelques jours après, ironie du sort, les inondations qui font que nous sommes aujourd’hui réunis pour panser les plaies des plus affectés avec les moyens qui sont les nôtres.
S’en sont suivies les déclarations irresponsables en Gironde de la ministre de l’écologie Mme Barbut, désengageant l’Etat et renvoyant aux EPCI la responsabilité de financer la réparation et l’entretien des digues avec la fiscalité qu’elles peuvent désormais imposer à leurs contribuables via la taxe GEMAPI, notoirement insuffisante pour résoudre ces problèmes.
Cette attitude incompréhensible du gouvernement doit être dénoncée et on attend de nos parlementaires qu’ils s’emparent du sujet. Le sénateur Gillé de Gironde y travaille. Il est très engagé sur les travaux du SAGE Garonne et a été président comme notre collègue Jacques Bilirit du SMEAG.
A notre tour, il est de notre responsabilité d’être les plus engagés possibles dans les démarches collectives pour être au niveau des attentes de nos territoires. Mais nous ne pourrons pas le faire seuls et aurons besoins de tous les partenaires concernés : usagers du quotidien, industriels et agriculteurs réunis dans des instances en capacité, et pas désarmées par leur tutelle.
Ma prise de parole sur le site du Département à 1h32’50’’
C’est le titre évocateur du quotidien La Croix, étrange coïncidence, au lendemain du petit tremblement de terre qu’a provoqué l’opposition agenaise lors du dernier Conseil municipal du mandat, imposant son silence aux questions insistantes de la municipalité sortante.
S’en est suivie une passe d’arme dont les seuls belligérants se tenaient, désarmés, dans les rangs de la majorité. Celle-ci avait préparé moultes attaques et quolibets à l’encontre d’une opposition de fait en sous nombre. Avant de s’auto-mutiler de sa propre parole, cette opposition en avait scandé la justification : elle refusait l’instrumentalisation des débats par un maire-candidat, maîtrisant à la fois l’ordre du jour et le contrôle des micros.
Ceux qui ont suivi le conseil municipal de janvier ont pu se rendre compte des travers et de l’insupportable inconfort de ce type de situation (toujours visionnable sur le site de la mairie). En pleine période électorale, cet argument était difficile à contrer. Il a laissé la majorité sortante dépourvue de prise, ses saillies faisant l’effet de coups d’épée dans l’eau.
Pas mal d’encre a coulé sur le sujet mais il soulève une question encore plus profonde sur la pertinence de nos institutions.
Ainsi, n’est-il pas révélateur de l’évident défaut de démocratie dont souffrent nos conseils municipaux ? Et n’est-il pas transposable au contexte national paralysé depuis quelques années par l’émergence d’un troisième bloc, l’extrême droite, rendant les majorités absolues impossibles sur la base de la traditionnelle opposition gauche-droite ?
Comme chacun ne le sait pas, dans nos communes, la liste qui arrive en tête au deuxième tour, même de très peu, bénéficie de la « prime majoritaire ». Cette prime lui confère de fait 50% des sièges. Le reste est réparti proportionnellement aux pourcentages des voix exprimées, y compris en cas de triangulaire ou de quadrangulaire.
De ce fait, une liste en tête avec 35% des voix se voit attribuer 50 + 17,5 soit 67,5 % des sièges (à quelques détails près), induisant de facto une forte inégalité dans la représentation des électeurs.
C’est de cette façon que la liste Maryse Combres, qui a obtenu 38% des suffrages en 2020 à Agen, n’a disposé de fait que de 7 sièges sur 39, soit 18%.
Situation bien illustrée par le commentaire sportif de l’élu d’opposition Jon Garay s’exprimant avec la malice qui le caractérise : « de toute façon, quoi qu’on dise, c’est toujours la majorité qui gagne sur le score de 32 à 7 ».
Ce type de répartition est loin d’être le plus répandu en Europe.
En Allemagne, même si les modalités peuvent varier d’un land à l’autre, la répartition est à peu près proportionnelle. De fait, comme il n’est pas évident qu’une des forces dispose d’une majorité absolue, celle qui est arrivée en tête se voit chargée de constituer des alliances lui permettant de gouverner. Ces alliances se font sur la base de points de concordance programmatiques suffisants pour se fixer des objectifs de mandat raisonnablement ambitieux.
Il est de coutume de dire que si l’on procède de la sorte en France, les collectivités seront ingouvernables, les françaises et les français n’étant pas mûrs pour former des coalitions.
Ce prétexte a aussi été avancé très récemment, juste après les élections législatives de 2024, pour refuser l’idée que le groupe arrivé premier au scrutin (le NFP) puisse être chargé de constituer une majorité avec de nouveaux alliés.
Pourtant, n’est-ce pas l’essence même de la démocratie que de mener les affaires de la cité de la façon la plus partagée possible ?
N’est-il pas illusoire de penser qu’un projet de société pourrait aboutir sans rechercher le consensus ?
Le parallèle entre le dysfonctionnement des conseils municipaux et de l’assemblée nationale mérite d’être posé.
A l’assemblée nationale, rien n’empêchait le président de la République en 2024 de proposer au NFP de constituer une coalition élargie. Cela n’a pas été fait. Au lieu de cela, il lui a proposé de consolider son propre groupe, solution inacceptable pour la formation arrivée en tête, et contraire à toute logique institutionnelle.
Pour ce qui est des conseils municipaux, rien n’avancera sans une réflexion approfondie visant à donner une représentativité plus conforme aux votes. Sans quoi, la frustration des électeurs demeurera, alimentant le sentiment de relégation et de défiance envers les institutions.
Cette réflexion serait une formidable occasion de renouveler nos pratiques citoyennes et de revigorer l’échelon démocratique le plus proche de chacune et chacun.
Le lien vers l’article de La Croix cité plus haut :
La période de turbulence que traverse le pays révèle dramatiquement les appétits et les compromissions les plus pénibles : – Soutien de l’ancien maire de Marmande à une future liste RN,
– Mélange des genres à Tonneins,
– Refus du président de LR Retailleau de soutenir une candidate PS face à un candidat UDR-RN en Tarn-et-Garonne pour une législative partielle (alors qu’un tiers de députés LR ont bénéficié du front républicain !),
– Disposition d’un responsable LR de Charente à faire un « contrat de gouvernement » avec la même extrême droite,
– Soutien du maire de Toulouse par un parti aux dirigeants compatibles avec Zemmour, …
Et j’en passe.
Parler de porosité devient un euphémisme tant la contamination se répand. Alors que le RN est la plaque tournante de la fachosphère, LR peut-il pactiser avec ce parti tout en se prétendant l’héritier du Général de Gaulle ? A-t’il oublié quel fut son combat contre la peste raciste et antisémite des nazis ? A-t’il oublié combien Pétain (inspirateur du Rassemblement National) et sa clique avaient juré sa mort ? A-t’il oublié que le Général avait été la cible des forcenés nationalistes par plusieurs attentats au début des années 60 ? A-t’il oublié Jacques Chirac intransigeant sur le sujet et refusant toute normalisation au FN : « Face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible. » (23 avril 2002, meeting de Rennes) ?