Natacha Polony et Benjamin Morel à Damazan : les causes de la paralysie politique

Rompue au débat et brillante analyste politique, Natacha Polony était l’invitée de Michel Masset et de sa suppléante Béatrice Bourgarel aujourd’hui à Damazan sur le thème « retrouver le pouvoir d’agir ».

Avec Benjamin Morel, politologue, ils ont livré un échange convergeant sur la mondialisation, la perte de souveraineté, la planification comme nécessité absolue et surtout la décrédibilisation de la parole politique.

Ce discrédit s’expliquerait par une profonde « crise de la capacité d’agir », le rejet des normes, partiellement justifié, n’étant au final que le faux nez de cette inaction.

Quant à la paralysie qui en découle, elle trouve également sa source dans une démocratie en panne faute d’un système représentatif miné par un manque de proportionnalié dans nos differents modes de scrutins.

A noter qu’un nouvel appel à la libération de Christophe Gleizes nous aura tous réunis autour de ses parents.

On aura notamment entendu :

« Que reste-t-il de la promesse de 1789 ?

Toutes les agitations actuelles sont les manifestations du sentiment d’impuissance.

Trump met en scène le pouvoir d’agir [rompant avec l’inaction ambiante, mais cela n’excuse pas ses actions irréfléchies]

On ne gouverne pas avec des sondages.

Qu’est-ce que la souveraineté ?

C’est la possibilité de décider soi-même en dernier ressort.

Nous sommes en train de faire avec l’agriculture ce qu’on a fait avec l’industrie.

La promesse de pouvoir d’achat s’est appuyée sur les importations en provenance de Chine.

Retrouver le pouvoir d’agir passe par un Etat qui planifie.

L’Etat c’est le moyen que le citoyen se donne pour résoudre ses propres problèmes.

Si nous ne sommes plus capables de dire NOUS,  alors quelqu’un se lèvera [et écrasera la démocratie]

Le statut d’auto-entrepreneur ne peut pas s’affranchir de la question du financement du modèle social.

La politique c’est tenir aux mots et soutenir une action.

La souveraineté ne s’exerce qu’entre des états souverains.

Le libre échange crée des déséquilibres quand on échange avec des économies subventionnées et sans réciprocité ne serait ce que pour l’accès aux marchés publics.

Le service oublic n’a vocation ni à être rentable ni à satisfaire les usagers, [il consiste à remplir une mission décidée et planifiée par le politique] »

Parmi les interventions de la salle, j’ai retenu en particulier :
« J’en veux aux politiques qui ne mettent en avant que le pouvoir d’achat : la vie ne se résume pas à pousser son cadie »
Mathilde Boeuf, maire de Pardaillan

J’aurai aussi entendu cité lors d’une question :

« Ne faut-il que délibérer,

La Cour en Conseillers foisonne ;

Est-il besoin d’exécuter,

L’on ne rencontre plus personne »

Jean de La Fontaine, 1668

Conseil tenu par les rats

Cuisine démocratique à la sauce grecque athénienne au théâtre Ducourneau.

Barbara Stiegler et Christophe Pébarthe nous ont mitonné une approche truculente, bousculante et vivifiante pour une démocratie active et ambitieuse.
Un coup de balai rafraichissant qui aura convoqué avec astuce et espièglerie Sophocle, Erneste Lavisse, Michel Foucault, Jean Jaurès et gilets jaunes.

C’était « Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros ».

Parmi les multiples références savamment distillée lors de cette soirée, en vrac :

« Taxons les riches ça refroidira la planète !

L’élection, ce n’est pas la démocratie : chercher à sélectionner le meilleur, c’est faire le constat et prendre pour acquis que nous ne sommes pas tous égaux.

On n’essaie de disqualifier la parole populaire car elle percute la parole des dominants.

Il ne peut avoir de démocratie que quand on accepte de frotter son esprit avec les autres.

Est-ce que vous pensez que la démocratie est possible ?
Et à supposer qu’elle le soit, Est-ce que vous souhaitez y vivre ?

Toi qui parles de nouvelles libertés.

Fier de l’argent que ton père t’a laissé.
Tu cracheras ta haine sur nous pauvres manuels En répandant nos ghettos que tu nommes HLM Tu veux que je vote pour te rassurer
Tu veux que je vote pour te sécuriser.
Te ne suis qư’un bulletin qu’on intoxique.
Et qu`on glisse dans une urne Je ne suis qu’un bulletin qu’on intoxique.
Et qu’on glisse dans une urne.
Tu as pour toi les « fout la merde », les contents d’eux.
Tu as promis en un temps record de nous rendre heureux.
Passe voir les vieux plus assez jeunes pour décider…
Allez couché tu vas voter !
Vote, vote, vote, vote ! »

L’Agglomération prise en otage par une droite revancharde et rétrograde

Déçu et amer qu’une campagne partisane empilant mensonges et amalgames empêche le maire d’Agen de présider l’Agglomération.
Laurent Bruneau ne pourra donc pas embarquer son bassin de vie dans le sillage du renouveau engagé par la Ville centre vers une nouvelle ère.

Inquiet pour les agents de la Collectivité plongés dans l’incertitude dans la perspective d’une défusion, eu égard aux discussions qui s’avèrent complexes tant les équipes sont fusionnées.

Dégoûté de constater qu’après avoir annoncé solennellement une gouvernance transpartisane, le président élu de droite n’intègre qu’une vice-présidente affichée à gauche, … à la toute dernière place.
Tout un symbole.
Promesse non tenue qui n’engage que celles et ceux qui ont bien voulu y croire.
Il y en aura d’autres. Accrochez-vous.

Dépité de voir s’étaler dans les journaux les arguments d’un ancien premier vice-président de l’Agglomération apportant son soutien à ce hold-up territorial.
Coup de force dont le paroxysme est atteint par le refus d’accorder toute vice-présidence à 4 des maires des 6 communes les plus peuplées de la première couronne agenaise (Boé, Bon-Encontre, Pont-du-Casse et Colayrac-Saint-Cirq).
Refus motivé au simple prétexte qu’ils s’opposaient au funeste projet du candidat conseiller municipal de Castelculier.

Impressionné de faire l’amer et incroyable constat que 36 maires ou élus municipaux ont trouvé le moyen de dénier au maire de Boé la légitimité de représenter sa propre commune au bureau de l’Agglomération, préférant apporter leur suffrage à l’ancienne maire, battue, se présentant à cette charge avec un toupet incroyable.
(Pour mémoire : la représentation de chaque commune au bureau de l’Agglomération est validée une par une par un vote de tous les conseillers communautaires).
Cette candidature surprise, en totale incohérence avec le résultat des urnes, témoige de l’esprit de revanche politicienne qui aura animé cette soirée, au mépris du suffrage des simples citoyens
(voir l’excellente publication de mon collègue élu au Département Thomas Bouyssonnie à ce sujet https://www.facebook.com/share/p/18U3imrU7p)
La camaraderie entre élus et le respect des électeurs sont des valeurs qui ont échappé à prés de la moitié de nos collègues.
Et qu’on ne me dise pas que ce vote scandaleux n’a pas été préparé…
Honte à celles et ceux qui ont participé à cette cabale.
Pour moi l’acmé de cette triste soirée.

Médusé de ne voir aucune vice-présidence chargée d’écologie, d’environnement, de transition écologique, de biodiversité ou de développement durable.
Le message est clair : la planète, la santé de ses administrés et les alertes des scientifiques, le nouveau président n’en a rien à cirer.
On entend au lointain l’écho de son camp :
« L’environnement, ça commence à bien faire ! » disait un ancien président de la République.
Que nous déclarera-t-il lors des prochaines sécheresses, inondations … ou émergence de cancers pédiatriques ?

Scandalisé de voir le vice-président à l’environnement sortant, le maire de Bajamont, remercié par une mise à l’écart de première catégorie, après s’être investi à fond ces dernières années notamment dans la « révolution des poubelles », le réseau de chaleur et le PCAET Plan Climat – air – énergie territorial.
Il est le seul à avoir établi un rapport de délégation. Qu’il en soit remercié… quand d’autres avouent publiquement n’avoir pas fait avancé leurs dossiers.

Triste de constater que les grands projets initiés par la précédente gouvernance ne seront pas évalués pour en mesurer ne serait-ce que le respect des objectifs initiaux.
En première ligne, le TAG, qui ne devait, ô grand jamais (!!!), accueillir de logistique mais seulement des entreprises engagées dans le génie environnemental et « l’économie verte », avec des projets architecturaux faisant la part belle à la Haute Qualité Environnemantale.
On voit ce qu’il en est advenu : des plateformes logistiques omniprésentes, l’invasion des camions et quasi aucun effort de conception environnementale, … même pas pour les bâtiments communautaires.

Mobilisé toutefois comme jamais 💪🤜🤛🏻 pour la Ville d’Agen et le Canton de l’Ouest agenais .
Il s’agira pour moi de veiller à ce que les grands projets engagés susceptibles de bouleverser notre bassin de vie se fassent dans les meilleures conditions.
Et je vous promets qu’au vu des intérêts en présence, l’attention devra être de tous les instants.
D’autres projets à venir seront à initier, promouvoir, ou infléchir.
J’y prendrai ma part.
En tant qu’élu municipal, communautaire et départemental, j’apporterai toute mon écoute, mon expertise et ma vigilance.
D’ores et déjà, pour en parler comme pour tout autre sujet, vous pourrez me rencontrer sur rendez-vous (envoyez une demande par message privé).
A très bientôt donc.

Voir aussi :

Olivier Grima élu président de l’Agglo d’Agen avec 6 voix d’avance sur Laurent Bruneau
https://www.petitbleu.fr/2026/04/09/olivier-grima-elu-president-de-lagglo-dagen-13317824.php

Agglo d’Agen : Olivier Grima l’emporte et rebat les cartes politiques

https://www.sudouest.fr/newsletter-agen/entre-l-agglomeration-d-agen-et-la-ville-un-mariage-force-ou-le-divorce-28635462.php

#Bassindevie #ouestagenais Agglomération d’Agen

Non au désarmement des politiques de l’eau !

Retour sur la session extraordinaire du 6 mars liée à la crise climatique 💧🌧 et environnementale majeure liées aux récentes #inondations.

Nous remercions collectivement les services publics et les bénévoles qui se sont mobilisés pour venir au secours des sinistrés. Pompiers du SDIS 47, gendarmes, forces armées mais aussi collectivités, simples citoyens et bénévoles, ils se sont mobilisés pour servir notre territoire.

Témoignage ému et applaudi du colonel directeur du SDIS évoquant l’engagement et la forte cohésion sur le terrain.

Nous sommes aussi réunis pour adopter les mesures d’urgence indispensables pour soutenir les sinistrés des toutes récentes inondations. En particulier les agriculteurs.

Indispensables (et je remercie les collègues et les techniciens qui y ont travaillé avec une efficacité remarquable), ces mesures n’ont d’utilité que si, en parallèle, nous nous mettons en capacité d’agir sur le long terme.

Car les inondations, (si vous ne l’avez pas remarqué …) c’est avant tout certes un phénomène naturel, mais aussi un problème de gestion de l’eau pour lequel nous avons des responsabilités.

Car les inondations, elle sont liées à la capacité des bassins versants d’absorber l’eau là où elle tombe. Cette capacité, elle dépend aussi de nous, elle dépend des politiques dont nous sommes responsables.

Elle dépend de ceux qui donnent les autorisations d’urbanisme et contribuent quoi qu’ils en disent à l’artificialisation des sols.

Elle dépend de ceux qui se plient ou non à appliquer de façon éclairée le Zéro artificialisation nette (ZAN),

Elle dépend des élus qui demain engageront ou non des politiques ambitieuses pour limiter les rejets d’eau pluviale dans la nature (noues végétalisées, ville éponge, renforcement de la végétalisation y compris pour son bénéfice climatique).

Elle dépend de ceux qui encourageront ou non des agricultures capables de capter l’humidité et de contenir la pluie au maximum dans les sols, avant qu’elle ne se précipite vers nappes ou les rivières, qui en hiver sont très vite saturées et qui vont, en débordant, provoquer des inondations.

Ce travail, au niveau départemental, nous y sommes engagés.

Nous y sommes engagés par notre participation régulière au Comité de bassin Adour Garonne, et notre financement de structures comme le SMBL-Syndicat mixte du bassin du Lot, le SAGE Nestes et Rivières de Gascogne (porté par le Département du Gers et qui concerne tout le sud de notre département), le SAGE du Ciron, le SAGE de la vallée de Dropt, l’Etablissement public Garonne et affluents pyrénéens.

Nous y sommes engagés par le financement des associations qui travaillent et informent sur le sujet : ACMG, Cluster Eau et Climat, Arbres et paysages 32 (replantation de haies) … et nous venons de voter lors de la dernière CP le nouveau Contrat de progrès pour mettre en commun des moyens avec l’Agence de l’Eau).

Nous y sommes engagés mais nous ne sommes pas aidés par un gouvernement irresponsable qui, pour calmer la colère agricole, a décidé de désarmer les politiques locales pour lui brandir les politiques de l’eau comme bouc émissaire.

Je parle de du #PremierMinistre Sébastien Lecornu qui, le 13 janvier dernier, pour calmer la colère agricole, a annoncé un moratoire sur les décisions locales relatives à la politique de l’eau. En clair : stopper et mettre un coup de frein aux travaux de discussion, de collaboration et de mise en synergie des différents acteurs engagés dans les stratégies de partage de l’eau.

Le 6 février ce ne sont pas moins de 5 présidents de comité de bassin, dont Alain Rousset pour le comité de bassin Adour Garonne, qui ont pris la parole, s’insurgeant contre ce désarmement.

S’en sont suivies quelques jours après, ironie du sort, les inondations qui font que nous sommes aujourd’hui réunis pour panser les plaies des plus affectés avec les moyens qui sont les nôtres.

S’en sont suivies les déclarations irresponsables en Gironde de la ministre de l’écologie Mme Barbut, désengageant l’Etat et renvoyant aux EPCI la responsabilité de financer la réparation et l’entretien des digues avec la fiscalité qu’elles peuvent désormais imposer à leurs contribuables via la taxe GEMAPI, notoirement insuffisante pour résoudre ces problèmes.

Cette attitude incompréhensible du gouvernement doit être dénoncée et on attend de nos parlementaires qu’ils s’emparent du sujet. Le sénateur Gillé de Gironde y travaille. Il est très engagé sur les travaux du SAGE Garonne et a été président comme notre collègue Jacques Bilirit du SMEAG.

A notre tour, il est de notre responsabilité d’être les plus engagés possibles dans les démarches collectives pour être au niveau des attentes de nos territoires.
Mais nous ne pourrons pas le faire seuls et aurons besoins de tous les partenaires concernés : usagers du quotidien, industriels et agriculteurs réunis dans des instances en capacité, et pas désarmées par leur tutelle.

Ma prise de parole sur le site du Département à 1h32’50’’

https://www.lotetgaronne.fr/medias/session-extraordinaire-liee-a-la-crise-climatique-et-environnementale

Ma revue de presse sur le sujet :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/08/le-gouvernement-lecornu-actionne-tous-les-leviers-pour-empecher-les-collectivites-de-proteger-leur-eau-au-risque-de-pietiner-l-etat-de-droit_6669941_3232.html

https://www.liberation.fr/environnement/agriculture/gestion-de-leau-les-comites-de-bassin-se-rebiffent-contre-la-reprise-en-main-de-letat-20260206_TTS3UHKGT5ENDKRWO2MLFVB36Q/

https://www.liberation.fr/environnement/agriculture/loi-durgence-agricole-lecornu-repond-a-la-revendication-de-la-fnsea-20260113_QL2BZBYM65H5NF7GMTZY55DM6Y/?poppConnect=true&redirected=5725

Mes principales publications sur mon blog http://www.paulvovan.com

#eau #inondations #CriseClimatique #politiquedeleau #territoires #agriculture #industrie #eaupotable #gouvernement

« Le conseil municipal fait-il assez de place à l’opposition ? »

C’est le titre évocateur du quotidien La Croix, étrange coïncidence, au lendemain du petit tremblement de terre qu’a provoqué l’opposition agenaise lors du dernier Conseil municipal du mandat, imposant son silence aux questions insistantes de la municipalité sortante.

S’en est suivie une passe d’arme dont les seuls belligérants se tenaient, désarmés, dans les rangs de la majorité. Celle-ci avait préparé moultes attaques et quolibets à l’encontre d’une opposition de fait en sous nombre.
Avant de s’auto-mutiler de sa propre parole, cette opposition en avait scandé la justification : elle refusait l’instrumentalisation des débats par un maire-candidat, maîtrisant à la fois l’ordre du jour et le contrôle des micros.

Ceux qui ont suivi le conseil municipal de janvier ont pu se rendre compte des travers et de l’insupportable inconfort de ce type de situation (toujours visionnable sur le site de la mairie).
En pleine période électorale, cet argument était difficile à contrer. Il a laissé la majorité sortante dépourvue de prise, ses saillies faisant l’effet de coups d’épée dans l’eau.

Pas mal d’encre a coulé sur le sujet mais il soulève une question encore plus profonde sur la pertinence de nos institutions.

Ainsi, n’est-il pas révélateur de l’évident défaut de démocratie dont souffrent nos conseils municipaux ? Et n’est-il pas transposable au contexte national paralysé depuis quelques années par l’émergence d’un troisième bloc, l’extrême droite, rendant les majorités absolues impossibles sur la base de la traditionnelle opposition gauche-droite ?

Comme chacun ne le sait pas, dans nos communes, la liste qui arrive en tête au deuxième tour, même de très peu, bénéficie de la « prime majoritaire ». Cette prime lui confère de fait 50% des sièges. Le reste est réparti proportionnellement aux pourcentages des voix exprimées, y compris en cas de triangulaire ou de quadrangulaire.

De ce fait, une liste en tête avec 35% des voix se voit attribuer 50 + 17,5 soit 67,5 % des sièges (à quelques détails près), induisant de facto une forte inégalité dans la représentation des électeurs.

C’est de cette façon que la liste Maryse Combres, qui a obtenu 38% des suffrages en 2020 à Agen, n’a disposé de fait que de 7 sièges sur 39, soit 18%.

Situation bien illustrée par le commentaire sportif de l’élu d’opposition Jon Garay s’exprimant avec la malice qui le caractérise : « de toute façon, quoi qu’on dise, c’est toujours la majorité qui gagne sur le score de 32 à 7 ».

Ce type de répartition est loin d’être le plus répandu en Europe.

En Allemagne, même si les modalités peuvent varier d’un land à l’autre, la répartition est à peu près proportionnelle. De fait, comme il n’est pas évident qu’une des forces dispose d’une majorité absolue, celle qui est arrivée en tête se voit chargée de constituer des alliances lui permettant de gouverner. Ces alliances se font sur la base de points de concordance programmatiques suffisants pour se fixer des objectifs de mandat raisonnablement ambitieux.

Il est de coutume de dire que si l’on procède de la sorte en France, les collectivités seront ingouvernables, les françaises et les français n’étant pas mûrs pour former des coalitions.

Ce prétexte a aussi été avancé très récemment, juste après les élections législatives de 2024, pour refuser l’idée que le groupe arrivé premier au scrutin (le NFP) puisse être chargé de constituer une majorité avec de nouveaux alliés.

Pourtant, n’est-ce pas l’essence même de la démocratie que de mener les affaires de la cité de la façon la plus partagée possible ?

N’est-il pas illusoire de penser qu’un projet de société pourrait aboutir sans rechercher le consensus ?

Le parallèle entre le dysfonctionnement des conseils municipaux et de l’assemblée nationale mérite d’être posé.

A l’assemblée nationale, rien n’empêchait le président de la République en 2024 de proposer au NFP de constituer une coalition élargie. Cela n’a pas été fait.
Au lieu de cela, il lui a proposé de consolider son propre groupe, solution inacceptable pour la formation arrivée en tête, et contraire à toute logique institutionnelle.

Pour ce qui est des conseils municipaux, rien n’avancera sans une réflexion approfondie visant à donner une représentativité plus conforme aux votes. Sans quoi, la frustration des électeurs demeurera, alimentant le sentiment de relégation et de défiance envers les institutions.

Cette réflexion serait une formidable occasion de renouveler nos pratiques citoyennes et de revigorer l’échelon démocratique le plus proche de chacune et chacun.

Le lien vers l’article de La Croix cité plus haut :

La digue craque,  les masques tombent.

La période de turbulence que traverse le pays révèle dramatiquement les appétits et les compromissions les plus pénibles :
– Soutien de l’ancien maire de Marmande à une future liste RN,

– Mélange des genres à Tonneins,

– Refus du président de LR Retailleau de soutenir une candidate PS face à un candidat UDR-RN en Tarn-et-Garonne pour une législative partielle (alors qu’un tiers de députés LR ont bénéficié du front républicain !),

– Disposition d’un responsable LR de Charente à faire un « contrat de gouvernement » avec la même extrême droite,

– Soutien du maire de Toulouse par un parti aux dirigeants compatibles avec Zemmour, …

Et j’en passe.

Parler de porosité devient un euphémisme tant la contamination se répand.
Alors que le RN est la plaque tournante de la fachosphère, LR peut-il pactiser avec ce parti tout en se prétendant l’héritier du Général de Gaulle ?
A-t’il oublié quel fut son combat contre la peste raciste et antisémite des nazis ?
A-t’il oublié combien Pétain (inspirateur du Rassemblement National) et sa clique avaient juré sa mort ?
A-t’il oublié que le Général avait été la cible des forcenés nationalistes par plusieurs attentats au début des années 60 ?
A-t’il oublié Jacques Chirac intransigeant sur le sujet et refusant toute normalisation au FN :
« Face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible. » (23 avril 2002, meeting de Rennes) ?

Incontestablement, l’amnésie devient la règle.

OK la « stratégie du dévoilement » n’est pas suffisante pour combattre l’extrême droite. Mais raviver la mémoire est parfois nécessaire, surtout en période troublée.
https://www.ladepeche.fr/2025/10/07/certainement-pas-pour-la-gauche-cest-la-consigne-de-vote-de-bruno-retailleau-pour-le-second-tour-de-lelection-legislative-partielle-en-tarn-et-garonne-12977078.php

ttps://www.sudouest.fr/lot-et-garonne/marmande/municipales-2026-a-marmande-l-ancien-maire-centre-droit-daniel-benquet-confirme-son-soutien-a-la-liste-rn-26267802.php
https://www.sudouest.fr/lot-et-garonne/tonneins/municipales-2026-a-tonneins-deux-encartes-rn-sur-la-liste-titonel-rinaudo-26103035.php

https://www.charentelibre.fr/politique/jean-hubert-lelievre-lr-si-le-rn-a-250-deputes-il-faut-faire-un-contrat-de-gouvernement-avec-eux-26281674.php

https://www.ladepeche.fr/2025/10/14/municipales-2026-a-toulouse-sans-moi-ils-ne-gagneront-pas-lembarrassant-soutien-de-jean-luc-moudenc-12989878.php

Ma réponse à l’interpellation de Michel Lauzzana


Michel,
Bien sûr j’ai lu ta réaction. Je n’ai pas répondu car je n’ai pas voulu en rajouter.
Dand le bref interview que j’ai accordé à France 3, je n’ai guère dit plus que dans mon communiqué de presse.
Mais comme tu me le demandes : oui certains élus écologistes ou d’autres partis ont été « parachutés » comme la règle le permet pour les législatives, mais ils l’ont fait en toute clarté et leurs électeurs leur ont apporté leurs suffrages en toute connaissance de cause. Dans certains cas que tu cites, on ne peut pas dire qu’ils sont bien éloignés de leur base.
En t’éloignant hostensiblement de notre département en début de mandat, tu alimentes la perte de confiance générale dans la classe politique.
On sait à quel camp ça profite : l’extrême droite avec son faux-nez, toute sa malhonnêteté, ses casseroles et son incompétence.

Je pense surtout que le camp que tu représentes porte une très lourde responsabilité dans les jours sombres qui nous attendent si l’extrême centre (car c’est bien de façon extrémiste qu’il se comporte) continue à piétiner la démocratie et à mépriser les français, alors qu’il ne doit son élection qu’au front républicain.
A la prochaine échéance, qui croit encore que ce fragile front ne va pas lâcher ?
Le fait que, encore une fois, le président de la république s’obstine à ne pas nommer un premier ministre issu du groupe arrivé premier aux élections (c’est le cas dans toutes les démocraties qui se respectent) en est une triste et coupable démonstration.
Le fait que le dernier premier ministre, certainement le pire depuis bien longtemps, profite de son départ pour fouler au pied l’écologie ne fait que confirmer le sentiment de dégoût qui est celui de tous les électeurs un peu avertis.
Je soumets à ta réflexion cet article et deux publications supplémentaires en commentaire.
A bon entendeur.


https://reporterre.net/Juste-avant-de-partir-Francois-Bayrou-a-enchaine-les-decisions-anti-ecologiques

Autres articles en commentaires sur ma publication Facebook :


https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-suisse-le-principal-probleme-de-la-france-est-l-irresponsabilite-de-sa-classe-politique_234533

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/le-cri-de-la-democratie-quand-la-representation-fait-defaut-8267934

Le député Michel Lauzzana abandonne le Lot-et-Garonne

Il y a un an, lors des élections législatives, j’ai pris mes responsabilités en me désistant au second tour en faveur de Michel Lauzzana afin de faire barrage au Rassemblement national. Ce geste, partagé par de nombreux électeurs, relevait d’un impératif républicain : protéger notre territoire et défendre nos valeurs face à l’extrême droite.

Aujourd’hui, nous apprenons que Michel Lauzzana a quitté le Lot-et-Garonne pour s’installer ailleurs, tout en conservant son mandat de député. Si la loi n’impose pas à un élu de résider dans sa circonscription, sur le plan moral et politique, c’est une trahison. Un député doit être présent, fidèle et ancré dans le territoire qu’il prétend représenter.

Au moment de briguer un nouveau mandat il y a un an, M. Lauzzana a sciemment caché son intention de quitter rapidement le département.

Une rupture de confiance :

Envers ses électeurs, qui attendaient un député engagé, disponible et proche de leurs préoccupations,
Envers le vote barrage, celles et ceux qui, malgré leurs divergences politiques, se sont mobilisés pour lui permettre de battre le RN.

Ce départ n’est pas qu’un simple malaise ou un ressenti : c’est bel et bien un abandon du territoire et un éloignement assumé du contact avec nos concitoyens.

Une conséquence dangereuse

En désertant son territoire, Michel Lauzzana alimente directement la colère et le désenchantement de nos concitoyens. Ce type de comportement creuse le fossé entre le peuple et ses représentants et renforce la défiance envers la politique. Alors même que M. Lauzzana n’était pas réputé pour être un « bosseur » et qu’il se contentait de voter tous les textes du gouvernement macroniste les yeux fermés, sans aucune considération pour ses électeurs venus de la gauche, le vide de représentation, ce sentiment de trahison, c’est exactement ce dont se nourrit le Rassemblement national.

Pour une représentation sincère et fidèle

Être député ne peut pas se réduire à occuper un siège à Paris. C’est avant tout un engagement auprès des habitants, une présence constante sur le terrain dès que possible et la responsabilité de porter la voix de celles et ceux qui nous font confiance.

Les citoyens du Lot-et-Garonne méritent mieux qu’un élu absent et déconnecté. Ils méritent une représentation sincère, active et loyale, tournée vers leurs préoccupations quotidiennes et fidèle à leur territoire.

Communiqué de presse de Paul VO VAN, candidat aux élections législatives de 2024 pour le Nouveau Front Populaire.

#democratieendanger #parlementaires #assembleenationale #NFP

« Je suis député, je reste député, jusqu’au bout du mandat, sauf événement exceptionnel »: Michel Lauzzana répond aux rumeurs et dément avoir quitté définitivement le Lot-et-Garonne
https://www.petitbleu.fr/2025/09/02/je-suis-depute-je-reste-depute-jusquau-bout-du-mandat-sauf-evenement-exceptionnel-michel-lauzzana-repond-aux-rumeurs-et-dement-avoir-quitte-12906587.php

Législatives en Lot-et-Garonne : « Nous appelons à battre le RN en votant pour Michel Lauzzana », la gauche se retire dans la 1re circonscription
https://www.petitbleu.fr/2024/06/30/legislatives-en-lot-et-garonne-nous-appelons-a-battre-le-rn-en-votant-pour-michel-lauzzana-la-gauche-se-retire-dans-la-1re-circonscription-12051571.php

(Photo Petit Bleu)

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